Dr. Venkatesh Thiruganasambandamoorthy_c

Canadienne d’évaluation du risque de syncope

La recherche mène à des soins vitaux pour les patients qui s’évanouissent sans raison apparente

Un évanouissement soudain et inexplicable pourrait-il être un symptôme d’un problème de santé plus grave? Voilà exactement ce que le Dr Venkatesh Thiruganasambandamoorthy essayait de savoir lorsqu’il a élaboré ce que les départements d’urgence du monde entier connaissent maintenant sous l’appellation d’échelle canadienne d’évaluation du risque de syncope (Canadian Syncope Risk Score).

Une syncope est un évanouissement momentané. L’échelle canadienne d’évaluation du risque de syncope constitue un ensemble de lignes directrices qui servent à prédire quels patients risquent d’avoir une réaction indésirable après un évanouissement. 

Le Dr Thiruganasambandamoorthy, scientifique et médecin à l’Urgence de L’Hôpital d’Ottawa, explique qu’environ 10 % des personnes qui s’évanouissent ont en fait un grave problème de santé sous-jacent. « Une évaluation à l’Urgence nous permet de déceler un problème de santé sous-jacent chez environ la moitié des patients, mais dans trois ou quatre pour cent des cas, ce problème n’est pas apparent. Il s’agit d’une difficulté que l’on rencontre partout dans le monde », explique-t-il.

Pour tenter de surmonter cette difficulté et, au final, sauver plus de vies, le Dr Thiruganasambandamoorthy a mis au point un système de prédiction permettant de mieux reconnaître ces maladies sous-jacentes, qui a été adopté à l’échelle mondiale. « Nous devons cerner les patients fortement à risque de développer un problème de santé dans les 30 jours suivant leur visite à l’Urgence. Dans la majorité des cas, le problème concerne le cœur, mais il peut aussi s’agir de caillots qui se forment dans les poumons ou de saignements au cerveau ou dans l’abdomen », poursuit le Dr Thiruganasambandamoorthy, qui a été reconnu parmi les meilleurs chercheurs en médecine d’urgence au Canada en 2020.

« Les patients que je vois méritent les meilleurs soins, fondés sur les données probantes les plus récentes. Ils sont l’inspiration à l’origine de mes recherches sur des problèmes répandus comme les évanouissements et les douleurs à la poitrine. » – Dr Venkatesh Thiruganasambandamoorthy

Il a aussi élaboré des lignes directrices qui permettent de déterminer la durée de la surveillance du rythme cardiaque d’un patient après un évanouissement, ce qui améliore à la fois la qualité des soins et l’efficacité des départements d’urgence. « Les patients que je vois méritent les meilleurs soins, fondés sur les données probantes les plus récentes. Ils sont l’inspiration à l’origine de mes recherches sur des problèmes répandus comme les évanouissements et les douleurs à la poitrine. »

 

Cette approche novatrice a pu aider Jacinthe Bisson, 51 ans. Alors que les médecins d’urgence n’arrivaient pas à expliquer ce qui causait les évanouissements de Jacinthe, l’essai clinique du Dr Thiruganasambandamoorthy a révélé qu’elle avait une maladie cardiaque qui pouvait être mortelle.  

 

En une année, Jacinthe a eu trois syncopes, ou évanouissements soudains. Cependant, une fois arrivée à l’hôpital, elle se sentait mieux et les médecins ne pouvaient pas déterminer la cause de l’évanouissement. Une syncope peut être provoquée par la déshydratation, une chute de la tension artérielle, ou une suractivité du système nerveux (par exemple, quand une personne s’évanouit à la vue du sang). Aucune de ces situations ne s’appliquait à Jacinthe.  

 

Dans le cadre d’un essai clinique, elle est retournée chez elle avec un moniteur qu’elle a porté 24 heures sur 24 pendant 15 jours pour enregistrer son rythme cardiaque. 

 

« Je voulais découvrir ce qui se passait. De plus, la science et la recherche m’intéressent, alors en participant à l’essai clinique, j’espérais peut-être aider d’autres personnes », affirme Jacinthe. 

 

Le septième jour, elle a éprouvé une sensation d’étourdissement, de chaleur et de faiblesse, tandis que le moniteur a détecté une arythmie qui pouvait être fatale. Son cardiologue l’a immédiatement hospitalisée et a réalisé d’autres examens. Depuis ce temps, Jacinthe porte désormais un défibrillateur cardiaque. Aujourd’hui, Jacinthe se porte bien et elle est reconnaissante pour les soins exceptionnels qu’elle a reçus à L’Hôpital d’Ottawa.

 

Cette étude vitale, qui a donné naissance à l’échelle canadienne d’évaluation du risque de syncope, a été rendue possible grâce au soutien de la collectivité. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres règles de décision clinique élaborées à notre hôpital et adoptées partout dans le monde, comme le modèle de Wells pour la thrombose veineuse profonde, le modèle de Wells pour l’embolie pulmonaire, la Règle d’Ottawa pour le genou, ainsi que la Règle d’Ottawa pour la cheville, qui a d’ailleurs été mentionnée dans un épisode de la série télévisée ER. C’est notamment en raison de ces règles que L’Hôpital d’Ottawa est reconnu mondialement comme un chef de file de l’amélioration des soins aux patients.

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